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Alias |


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Monsieur,
Je ne connais pas votre nom. Peut-être avez vous croisé le mien au hasard d’une procédure. Mais, sans vouloir le moins du monde minimiser vos facultés intellectuelles, il m’étonnerait fort que vous vous en souveniez. Nous ne nous sommes jamais rencontrés.
Vous êtes le magistrat que j’imagine avoir reçu le compte rendu d’une petite histoire qui me fait encore sourire. C’était un après midi ensoleillé. Nous avions été appelés en appui d’une équipe de la B.A.C. départementale qui braconnait sur nos terres, en plein milieu de la cité.
Ils étaient tombés sur un abruti qui devait être chargé jusqu’aux yeux d’une de ces merdes injectable dont certains se goinfrent. Il avait perdu pied. Sautait sur les voitures, s’attaquait aux passants et forcément, à mes collègues dès qu’il les vit.
Le ramasser sans y laisser un bras et sans lui en arracher un avait été tout un sport. Dans mes souvenirs, le travail était presque achevé lorsque je suis arrivé. L’affaire a été assez promptement ficelée pour que nous puissions nous arracher des lieux avant qu’un trop gros attroupement ne se crée.
Je le revois encore, assis à même le sol de sa cellule, menotté car incontrôlable et casqué pour qu’il ne se fracasse pas la tête sur un mur, en train de nous abreuver de tout ce qu’il pouvait connaître comme insultes. De ces injures qu’on finit par ne même plus entendre tant elles sont quotidiennes.
Mais je revois surtout la tête de l’O.P.J. lorsqu’il est arrivé dans les cellules. La tête de celui qui n’a pas, mais vraiment pas, ni le temps, ni l’envie, ni la patience de se farcir un camé surexcité en plein trip. Il était là avec sa tête de « Pourquoi moi ? » et son registre de Garde à Vue à la main, devant la vitre en train d’essayer de communiquer.
- Quel est votre nom, Monsieur ? - Connard ! - Et votre prénom ? - Ta mère ! - Et bien monsieur Connard Ta-Mère, je vous informe qu’à compter de l’heure de votre interpellation, vous êtes placé en Garde à Vue pour les faits de dégradations, violences, rébellion et je pense qu’on va ajouter un petit outrage pour faire bonne mesure. Voulez vous le concours d’un médecin ou d’un avocat ? Voulez vous faire aviser quelqu’un de votre entourage ? - Va te faire enculer !!! - Je vous remercie mais jamais l’après midi. Je présume donc que c’est un « non ».
J’imagine également bien votre tête à l’autre bout du téléphone à l’énoncé de l’identité. Le flegme, c’est la classe.
Bien à vous, Monsieur.
Jayos.
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